Reportage Producteur : La Ferme de Verdeuil

LE MIEL DE LA FERME DE VERDEUIL

En arrivant à la Ferme de Verdeuil à Poilley (76 km), nous découvrons Bertrand qui prépare déjà son matériel… pas besoin de grand-chose, juste un enfumoir et un tournevis ! Sans oublier la tenue règlementaire qui couvre le corps, les mains et le visage. Au total, Bertrand dispose de 300 ruches, la majorité se trouve autour de sa ferme. Mais certains miels plus particuliers sont récoltés dans le Maine et Loire. Environ 60 ruches sont en pollinisation sur des tournesols, 24 sur des acacias et tilleuls et 20 sur du blé noir. Il fait aussi du miel de fleur d’oignons…. surprenant ! Lorsque Bertrand ouvre la première ruche et soulève les cadres un à un, le bal des abeilles est impressionnant. Plus il manipule les ruches et plus les abeilles s’envolent et nous tourne autour. A ce moment là nous préférons garder nos distances !

Les ruchers de Bertrand Tapin

QUI SE CACHE DANS LA RUCHE ?

C’est comme un grand immeuble où se trouve un essaim composé d’une reine, de plusieurs mâles et de nombreuses ouvrières. Dans une ruche il fait 34°C. Ce sont les abeilles qui régulent la température avec leurs ailes. Il y a aussi plusieurs étages, les abeilles remplissent d’abord le premier pour elles, puis elles remplissent les autres étages, pour nous. Les abeilles sillonnent à 1,5 km autour des ruches et vivent de 30 jours à 6 mois. En ce moment, celles qui travaillent commencent à 6h du matin et finissent à 22h… Ce sont des grandes journées. Celles qui naîtront en octobre auront moins de récoltes et un peu moins de travail. Les abeilles travaillent en permanence, ce sont les butineuses et elles sont là pour nourrir la ruche. Chaque abeille à sa mission, certaines arrivent les poches pleines de pollen, d’autres de nectar et d’autres encore de la propolis. 

Comme nous, les abeilles surveillent la météo en permanence. Quand il y a un vent du Nord dès le matin, les fleurs ne produisent pas de nectar, alors les abeilles ne sortent pas. Quand il pleut dès le matin, les fleurs sont lavées, alors les abeilles savent que ce n’est pas la peine de sortir se mouiller les ailes pour rien !

Propolis

UNE VIE DE REINE !

Chez Bertrand, on crée les futures reines. Pour cela, il met une goutte d'eau et une larve d’abeille de 2 à 3 jours sur une barrette d'alvéoles. La barrette est ensuite mise dans ce qu’il appelle « un starter », où de jeunes abeilles vont produire de la gelée royale et fermer l’alvéole qui sera finalement gardée en couveuse pendant 8 jours.

Starter pour abeilles

Une fois la larve transformée en reine, la nouvelle reine est introduite dans une petite ruche pour qu’elle se fasse adopter par d’autres abeilles. Ainsi, elle sera fécondée par les mâles et commencera à former un nouvel essaim. Il y a une seule reine parmi 5 à 10 000 abeilles. On reconnait la reine car elle est plus grande et plus longue. A ce moment-là, Bertrand nous explique qu’il sélectionne les larves de reines et les abeilles d’adoption dans le but d’obtenir des essaims productifs mais aussi les moins agressifs possible. « Là, elles devraient être au boulot et pas à écouter ce que je dis », ironise-t-il, alors que les abeilles nous tournent de plus en plus autour.

IL NE FAIT PAS BON ETRE UN MALE CHEZ LES ABEILLES

"On voit que c’est un mâle car il est plus gros, poilu et ne pique pas. Les mâles qui fécondent la reine meurent tout de suite après. D'autres mâles servent aussi à maintenir la chaleur pendant que les butineuses sont parties. Mais passé l’été, les abeilles éliminent les mâles car elles ne veulent pas de bouches inutiles à nourrir…"

Bertrand Tapin