Reportage Producteur : Le Champ de l'air

LES TISANES DU CHAMP DE L'AIR

A notre arrivée sur place, nous retrouvons Sophie directement sur ses terres. Ils sont plusieurs accroupis ou assis sur une cagette à travailler en équipe dans une ambiance studieuse tout en papotant ! Mais pas question de trainer, il y a 4 rangs de  camomille romaine à cueillir cet après midi !

Les  Champs de l’air, c’est  2,5 hectares de cultures plein champs et environ une soixantaine de plants différents. Il y a aussi 3 serres pour les plantes de climat chaud comme la citronnelle, les basilics, la verveine.

Sophie nous explique « chaque année on replante même si c’est une vivace. On arrache tout et on replante parce que, étant bio,  on aurait trop de travail avec le désherbage si on laissait les plants sur place. Avant l’hiver je viens dans les champs, prélève les boutures, les multiplie en serre et un mois après je replante en plein champs ».

Le Champ de l'air

DE LA FLEUR A LA TISANE

Les fleurs sont cueillies quand elles sont bien ouvertes. Pour avoir une plante de bonne qualité, il faut qu’elle sèche vite et à basse température. Les séchoirs sont à l’abri de la lumière car la lumière tue le principe actif et la fleur noircit.  La camomille romaine récoltée aujourd’hui, doit être sèche dans 3 jours.

« Les gens ont une vision très bucolique de notre métier, alors qu’on a un métier très proche des maraichers…on prépare, on plante on désherbe, on récolte, on sèche, on trie manuellement, on met en sachet et on distribue » nous explique Sophie.

Sophie et Ben- Champ de l'air

AU CHAMPS DE L’AIR, PAS DE TEMPS A PERDRE

Normalement il y a 5 récoltes de la même plante dans la saison. La difficulté c’est de cultiver environ 60 plantes et de gérer leurs priorités par rapport à leur floraison. La rose, par exemple, dure sur 3 ou 4 semaines. Il faut y aller qu’il pleuve ou qu’il vente…la rose n’attend pas. "Demain, par ex, la priorité c’est le calendula. Il faut qu’on les récolte pour refaire une nouvelle récolte la semaine prochaine."

Séchoir à tisanesTarare

 

DES OUTILS D’UN AUTRE TEMPS

 

Sophie nous invite à aller voir Ben dans la grange qui utilise un outil très ancien qui date du début du siècle et d’ailleurs, il ne se fabrique plus. Nous arrivons au premier étage de la grange pour découvrir cet  outil ancestral : le « tarare ». Il sert à séparer les feuilles des tiges. C’est une grosse machine en bois équipée d’une roue et d’une sorte d’entonnoir où sont déposées les plantes à trier. Il faut être deux pour utiliser la machine, une personne tourne la roue manuellement et l’autre frotte les plantes entre ses deux mains pour faire le travail de tri. …une très bonne odeur de mélisse se dégage ! C’est Ben qui frotte et on entend un doux bruit comme une musique de maracas. Ben nous confie qu’après plusieurs heures de tarare à frotter les feuilles, il a les mains aussi douces que celles d’un bébé.

Tarare

 

LE SECRET DES TISANES DE SOPHIE

 

 « Pour faire un bon mélange on associe les plantes par principe actif.  Mais une tisane il faut qu’elle soit belle ça veut dire qu’elle contient forcément une fleur, bonne donc avec des plantes plutôt citronnée ou mentholée et efficaces !