Les dindons de la Brégeonnerie

C’est à Nort-sur-Erdre (85 km) que nous sommes accueillis à la ferme par André, qui nous a invité à déjeuner. Et devinez ce qu’il y a au menu, de la dinde, enfin du dindon !

Du poulet au dindon !

Tout a commencé en 1993, lorsqu’André et Nelly ont repris un élevage de poulets avant de se lancer dans le dindon par hasard. « On en faisait juste pour nous, puis une voisine est venue nous en demander un, puis le mois suivant elle en voulait 2, puis au bout de 6 mois, les autres voisines en voulaient aussi. Ça nous a décidé à abandonner le poulet pour nous consacrer à l’élevage et la vente directe de nos dindons ». Après, tout est allé très vite. « En 2003, on a commencé avec les 140 clients particuliers qu’on avait déjà, puis au bout d’un an on en a eu plus de 450 et aujourd’hui plus de 4000 ».

 

 

Le dindon n’est pas un sentimental !

L’élevage d’André et Nelly, c’est en moyenne 4000 à 5000 dindons. A cette saison, ils sont dans des bâtiments, mais courant mars, ils seront dehors, au grand air. Et là, ils pourront donner de la voix au grand plaisir du voisinage. Car le dindon est chanteur et c’est à croire qu’ils ont un chef de cœur car ils s’élancent tous en même temps, et d’une seule voix… quelle puissance !

On entre dans un premier bâtiment et André nous met en garde : « La première règle, c’est de ne pas rester sur place, car les dindons, ce sont des charognards. Dès qu’il y a un faible, ils l’attaquent, l’achèvent et le mangent». Ce n’est pas très rassurant tout ça ! Nous suivons André de très près et nous devons vous avouer que nous n’en menons pas large… Les dindons glougloutent en continu et nous collent aux talons.

Avec une tête d’extraterrestre un peu bleutée, le dindon a une excroissance charnue qui pend par-dessus son bec et qui est très longue chez les sujets mâles, c’est la caroncule. André nous explique : « Chez le dindon, tout est fait pour être moche et pour faire peur ! Les plumes paraissent énormes mais il n’y en a pas tant que ça. Les dindons ont des stratégies d’attaque : ils se gonflent pour être gros et ils attaquent, à plusieurs, de chaque côté de leur proie ». D’ailleurs, André s’habille… en rouge car c’est une couleur qui les tient un peu à distance.

A la ferme, les dindons arrivent à l’âge d’un jour. André et Nelly ont choisit une souche très calme… et bien, qu’est ce que ça serait alors ! Les dindons restent sur la ferme jusqu’à 6 ou 7 mois où là ils pèsent en moyenne 27 kg… Ah tout de même ! Toute la viande est ensuite transformée dans le laboratoire de la ferme.

 

 

Une exploitation au maximum autonome !

Pour nous remettre de nos émotions, André nous emmène dans ses champs. « Là c’est mon dada » nous dit-il tout souriant. Concernant l’alimentation des dindons (100 % végétale et minérale), tout vient de la ferme : le blé, le maïs et une grande partie du soja. Pour cela, André s’est lancé, avec d’autres agriculteurs, sur un projet agronomique qui consiste à ne jamais laisser un sol nu pour empêcher les mauvaises herbes de pousser et à ne pas retourner le terrain pour préserver la matière organique. Et ça se voit en regardant la terre sous nos pieds. André nous explique : « ça c’est la vie… Tous les petits tortillons de terre, c’est fait par les vers de terre et là tu peux te dire que ton sol, il est super vivant. ». Le principe de l’exploitation c’est d’être au maximum autonome et d’ailleurs, pour l’énergie, André a pour projet la construction d’une surface de 1800mde photovoltaïque.

Une exploitation au maximum autonome, un élevage au maximum au grand air, une alimentation des dindons maîtrisée, un choix de vendre au maximum en circuit court… Voilà une exploitation qui nous ressemble !